Conclave 2025 Europanova

Conclave

Conclave 2025

17, 18 & 19 janv. 2025 - Bruxelles

Conclave 2025 Europanova

Shaping a European 2040 Vision


La deuxième édition du Conclave s’est tenue à Bruxelles du 17 au 19 janvier 2025, principalement au musée BELvue, à proximité du Palais Royal, sous le titre « Shaping a European 2040 Vision ». Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, le retour de la compétition de puissance, les tensions transatlantiques et l’accélération des rivalités technologiques mondiales, cette édition avait pour objectif de contribuer à définir une vision stratégique de long terme pour l’Union européenne.

Le Conclave 2025 s’est articulé autour de trois grands axes de réflexion :

  • la géopolitique, la défense et la sécurité ;

  • la science et la technologie comme moteurs de compétitivité et de croissance ;

  • le financement des ambitions européennes et le renouvellement du récit démocratique européen.

Les échanges ont abouti à un rapport stratégique intitulé « Agenda pour une Europe globale, durable et responsable », approuvé par les membres du Board du Conclave. Ce document défend l’idée que l’Europe doit désormais dépasser une logique essentiellement économique ou réglementaire pour devenir une véritable puissance géopolitique capable de défendre ses intérêts, ses valeurs et son modèle démocratique dans un monde de plus en plus fragmenté.


Vendredi 17 janvier – Une conférence intercontinentale pour ouvrir le débat européen
Musée BELvue – Palais Royal

La première journée du Conclave fut consacrée à une grande conférence publique intercontinentale intitulée « What relations should we envisage with Europe by 2040? ». Celle-ci visait à confronter les perceptions européennes à celles d’acteurs internationaux issus de différentes régions du monde afin d’interroger la place future de l’Europe dans l’ordre international.

Après un discours d’ouverture de Guillaume Klossa, président du Board du Conclave, le secrétaire général du Bled Strategic Forum et membre du board Conclave, Peter Grk prononça une keynote soulignant les défis historiques auxquels l’Union européenne est confrontée dans un contexte de bouleversements géopolitiques majeurs.

Deux grands panels structurèrent ensuite les débats :

  1. « EU: A Respected Geopolitical Power? », consacré à la capacité de l’Union européenne à s’affirmer comme acteur géopolitique crédible dans un environnement dominé par les rivalités de puissance ;

  2. « EU: Competitor or Trusted Partner? », portant sur les relations économiques, diplomatiques et technologiques entre l’Europe et le reste du monde, notamment avec les puissances émergentes.

Des intervenants venus de Chine, d’Inde, du Maroc et d’autres horizons internationaux apportèrent leurs analyses sur les perceptions extérieures de l’Europe, son rôle dans la gouvernance mondiale et les attentes vis-à-vis de l’Union européenne comme partenaire stratégique.

La conférence se poursuivit avec un « Wake-up Call » du monde économique, animé notamment par Stjepan Orešković et Jorn Fleck, insistant sur l’urgence de renforcer la capacité d’action stratégique de l’Europe face à l’intensification des compétitions économiques, industrielles et technologiques mondiales.

La journée s’acheva par une discussion prospective intitulée « Outlook 2040 », modérée par Peter Grk, avec la participation du Premier ministre belge Alexander De Croo.


Samedi 18 janvier – Les grandes sessions stratégiques du Conclave
Musée BELvue – Palais Royal

La deuxième journée fut consacrée aux travaux à huis clos du séminaire stratégique du Conclave, organisés sous règle de Chatham House afin de favoriser des échanges approfondis et opérationnels entre participants européens et internationaux.

La matinée débuta par un échange entre António Costa, Président du Conseil européen, et les participants du Conclave, autour des grands défis stratégiques auxquels l’Union européenne devra faire face dans les prochaines décennies.

Première session – Géopolitique, défense et sécurité

Les discussions géopolitiques partirent d’un constat central : l’Europe entre dans une nouvelle phase historique marquée par le retour des rapports de force, l’affaiblissement du multilatéralisme et l’érosion progressive de certaines garanties de sécurité héritées de l’après-guerre. Le rapport du Conclave souligne notamment que l’Union européenne doit se préparer à une possible réduction durable de l’engagement américain envers l’Europe et renforcer sa capacité d’autonomie stratégique.

Les échanges portèrent sur :

  • la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine ;

  • les tensions transatlantiques ;

  • la nécessité de renforcer le pilier européen de défense ;

  • l’intégration industrielle de la défense européenne ;

  • la diversification des partenariats stratégiques européens, notamment avec le Sud global.

Le rapport final appelle notamment à :

  • porter les dépenses européennes de défense à au moins 3 % du PIB ;

  • développer un pilier européen de défense intégré à l’OTAN mais capable d’agir de manière autonome ;

  • accélérer les achats communs et l’intégration des industries européennes de défense ;

  • renforcer la coopération avec le Royaume-Uni et les partenaires démocratiques.

Deuxième session – Science, technologie et compétitivité

La seconde grande session porta sur la science et la technologie comme fondements de la souveraineté européenne et de sa compétitivité future. Les participants soulignèrent que la compétition mondiale ne se joue plus uniquement sur les marchés ou la finance, mais également sur les capacités scientifiques, industrielles, numériques et technologiques.

Les débats abordèrent :

  • l’attractivité scientifique de l’Europe ;

  • les difficultés de financement de l’innovation ;

  • les dépendances technologiques européennes ;

  • les infrastructures numériques souveraines ;

  • le développement de l’intelligence artificielle et des technologies quantiques.

Le rapport du Conclave plaide notamment pour :

  • une stratégie européenne ambitieuse d’attraction des talents ;

  • le développement de projets technologiques de type « moonshot »

  • la création d’un équivalent européen de la DARPA ;

  • le renforcement des liens entre recherche, innovation et industrie ;

  • la construction d’une véritable politique industrielle européenne.

Troisième session – Financer les ambitions européennes et renouveler le récit européen

Les discussions de l’après-midi furent consacrées au financement des ambitions stratégiques européennes ainsi qu’à la question démocratique et citoyenne. Les participants soulignèrent que la transition géopolitique, industrielle, énergétique et technologique nécessiterait des investissements massifs dépassant largement les cadres budgétaires actuels.

Les échanges portèrent notamment sur :

  • l’Union des marchés de capitaux ;

  • les investissements stratégiques européens ;

  • les obligations communes ;

  • la mobilisation de l’épargne européenne ;

  • le financement de la transition climatique et numérique ;

  • la nécessité de replacer les citoyens au cœur du projet européen.

Le rapport insiste également sur la nécessité de reconstruire un récit européen capable de répondre aux attentes des citoyens en matière de protection, de prospérité et de démocratie, tout en renforçant la résilience informationnelle de l’Union face aux campagnes de désinformation et aux manipulations numériques.


Dimanche 19 janvier – Conclusions et vision européenne pour 2040
Musée BELvue – Palais Royal

La dernière matinée du Conclave fut consacrée à une session de conclusion visant à synthétiser les principaux enseignements des travaux et à identifier les priorités stratégiques pour l’Europe à l’horizon 2040.

Sous la modération d’Aart de Geus, les participants réaffirmèrent l’idée centrale du Conclave : l’Union européenne doit désormais assumer une ambition politique et stratégique à la hauteur des bouleversements du monde contemporain. L’Europe dispose d’atouts considérables — scientifiques, industriels, économiques, démocratiques et culturels — mais ceux-ci doivent être transformés en capacité d’action réelle afin d’éviter la marginalisation géopolitique et économique du continent.

Le Conclave 2025 a ainsi contribué à approfondir une réflexion stratégique européenne autour d’une conviction forte : dans un monde marqué par la compétition de puissance, l’instabilité et les dépendances stratégiques, l’Union européenne doit devenir une puissance globale, durable, démocratique et responsable capable de défendre ses intérêts tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices.