Rapport du Conclave 2023

Conclave

Conclave 2023

24, 25 & 26 nov. 2023 - Cascais

Rapport du Conclave 2023

Europe 2040: Co-construire une puissance globale, durable et responsable.


Le Conclave est une initiative lancée par EuropaNova afin de créer un espace de réflexion stratégique paneuropéen réunissant responsables politiques, diplomates, chercheurs, entrepreneurs, intellectuels, représentants de la société civile et citoyens autour des grands défis du futur européen. Dès sa création, le Conclave a été conçu comme une agora transdisciplinaire destinée à dépasser les logiques sectorielles traditionnelles et à contribuer à la définition d’une vision de long terme pour l’Europe.

La première édition du Conclave s’est tenue à Cascais, au Portugal, du 24 au 26 novembre 2023, sous le titre « Europe 2040: Co-construire une puissance globale, durable et responsable ». Accueilli par le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa, avec le soutien du Premier ministre António Costa, cet événement fondateur s’est déroulé dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, le retour des rivalités de puissance, l’accélération des transformations technologiques et les incertitudes pesant sur l’ordre international libéral.

L’ambition du premier Conclave était claire : réfléchir à ce que pourrait devenir l’Union européenne à l’horizon 2040, non pas uniquement à travers une perspective interne européenne, mais également en intégrant les regards et les attentes du reste du monde. Comme le souligne le programme officiel, le Conclave repose sur l’idée que l’Europe « doit d’abord écouter les voix extérieures avant de concevoir une nouvelle perspective stratégique ».


Une conférence internationale pour écouter le monde
Centre Culturel de Cascais – 24 novembre 2023

Le Conclave débuta par une grande conférence publique internationale organisée au Centre Culturel de Cascais. Cette séquence inaugurale fut pensée comme un moment d’écoute active des partenaires internationaux de l’Europe, afin de replacer les débats européens dans un contexte mondial plus large et de confronter la vision européenne aux attentes du reste du monde.

Le premier panel, consacré aux transformations géopolitiques mondiales et à la place de l’Europe dans un ordre international en mutation, fut ouvert par Philippe Étienne, ambassadeur de France et ancien conseiller diplomatique du président de la République française. Les échanges réunirent notamment Pedro Miguel Da Costa e Silva, ambassadeur du Brésil auprès de l’Union européenne, Anthony Gardner, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, ainsi que Maja Piscevic, représentante serbe, illustrant la volonté du Conclave d’intégrer pleinement les perspectives des alliés, partenaires et pays voisins de l’Union européenne.

Le deuxième panel, introduit par Aart Jan de Geus, ancien ministre néerlandais et ancien secrétaire général adjoint de l’OCDE, porta sur les défis démocratiques, sociétaux et humains auxquels l’Europe devra répondre dans les décennies à venir. Les interventions de Rukia Bakari, du Sénégal, et de Trisha Shetty, d’Inde, mirent notamment en lumière les enjeux liés à la démocratie, aux migrations, à l’insécurité, aux rapports Nord-Sud et à la nécessité de construire des relations internationales plus équilibrées, fondées sur le respect mutuel et la reconnaissance de l’autonomie des partenaires européens.

La conférence s’acheva par une séquence prospective intitulée « Outlook 2040 », réunissant Jean-François Van Boxmeer, Jan Krzysztof Bielecki, Nadia Crisan et Oliver Röpke. Cette discussion finale proposa plusieurs scénarios sur l’avenir du continent européen, les transformations géopolitiques mondiales et les conditions nécessaires pour que l’Europe demeure un acteur influent dans un monde de plus en plus fragmenté et compétitif.


Les travaux stratégiques du premier Conclave européen
Cascais – 25 et 26 novembre 2023

À la suite de cette conférence internationale, les participants du premier Conclave européen poursuivirent leurs travaux pendant deux jours de discussions stratégiques organisées autour d’ateliers thématiques et de sessions collectives. Environ cinquante responsables politiques, universitaires, scientifiques, dirigeants économiques, représentants syndicaux, intellectuels et acteurs de la société civile européenne participèrent à ces échanges.

Les discussions partirent d’un constat partagé : l’Union européenne entre dans une phase historique de transformations accélérées marquée par le retour de la guerre en Europe, les rivalités systémiques entre grandes puissances, la transition climatique, les mutations démographiques et la révolution technologique liée à l’intelligence artificielle et aux technologies quantiques.

Les participants soulignèrent que l’Union européenne ne pouvait plus uniquement fonctionner comme un espace économique ou réglementaire, mais devait désormais se concevoir comme une véritable puissance politique capable de produire des « biens publics européens » dans des domaines essentiels tels que la défense, la sécurité, la technologie, l’énergie, la santé, l’éducation ou encore la démocratie.

Les travaux du Conclave s’organisèrent autour de quatre grands axes stratégiques :

  • la géopolitique et la sécurité ;

  • la science et la technologie ;

  • le modèle de développement européen ;

  • la démocratie et la participation citoyenne.

Le rapport final publié en mars 2024, intitulé « Europe 2040 : Demain se joue dès aujourd’hui », synthétise ces réflexions sous la forme de dix-sept grandes questions stratégiques auxquelles l’Europe devra répondre pour préserver sa capacité d’action et son influence dans le monde à l’horizon 2040.


Vers une Europe puissance

Le premier Conclave européen posa ainsi les fondations intellectuelles et politiques d’une réflexion européenne renouvelée sur la puissance, la souveraineté et la capacité d’action de l’Union européenne. Les participants insistèrent notamment sur la nécessité pour l’Europe de dépasser une posture défensive ou réactive afin d’assumer pleinement son rôle dans un monde caractérisé par l’instabilité géopolitique, la compétition technologique et les transformations démocratiques profondes.