EuropaNovaNews du 22 novembre 2024

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L’Union européenne se trouve à un tournant de civilisation, les Européens doivent se mobiliser pour faire de l’Europe une puissance démocratique majeure du XXIème, à l’avant-garde des grandes transformations technologiques, sociétales et climatiques. Dans un contexte de rééquilibrage géopolitique et géo-économique, EuropaNova souhaite apporter une contribution impactante dans cette nouvelle réalité. Rien ne peut se faire sans votre fidélité et votre soutien. C’est pourquoi nous vous invitons à faire à un don (défiscalisé à 66 %) à notre association reconnue d’intérêt général.

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Comité de rédaction : Guillaume Klossa, Isabelle Négrier, Aïda Noël.


Chers lectrices et lecteurs européens,

EuropaNova a engagé un dialogue avec Mario Draghi et Emmanuel Macron à l’occasion du débat sur « l’avenir de la compétitivité européenne », le 13 novembre 2024, au Collège de France.

Au Collège de France, Guillaume Klossa, Président d’EuropaNova, et Isabelle Négrier, Directrice générale, ont pris part à un échange avec le Président Emmanuel Macron et plusieurs experts, portant sur le thème de « l’avenir de la compétitivité européenne ». L’événement s’est déroulé en présence de Mario Draghi, ancien Président du Conseil des ministres d’Italie et auteur du « Rapport Draghi », dont les principales recommandations sont les suivantes : innover pour réduire le fossé technologique, élaborer un plan commun pour la décarbonisation, et renforcer la sécurité tout en assurant l’indépendance de l’Europe.

Ce fut aussi l’occasion pour Isabelle Négrier, Directrice Générale, de présenter le rapport du Conclave 2024 à Mario Draghi, qui répond à la même exigence d’investir massivement dans la recherche et l’innovation de rupture, notamment dans le domaine de la défense. Le rapport souligne également l’importance de promouvoir, au plus haut niveau européen, l’élaboration d’un code européen du droit des affaires, destiné à soutenir l’entrepreneuriat en Europe.

Pour toute question, n’hésitez pas à contacter Isabelle Négrier, Directrice Générale

d’EuropaNova : isabelle.negrier@europanova.eu / +33 (0) 6.22.75.55.48.

Comité de rédaction d’EuropaNovaNews : Guillaume Klossa, Isabelle Négrier, Aïda Noël 

EuropaNova


Géopolitique

LE G20 DE RIO : DES AVANCÉES LIMITÉES, MAIS DES INITIATIVES MARQUANTES

Les 18 et 19 novembre 2024, Rio de Janeiro a accueilli la 19e édition du G20, un sommet marqué par l’absence de percées majeures, mais aussi par des initiatives significatives, notamment dans les domaines de la lutte contre la faim et la pauvreté, ainsi que la fiscalité des plus riches.

En ce qui concerne la lutte contre la faim, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a fait de cette thématique une priorité de ce sommet. En ouverture, il a décrit la faim comme une « plaie qui fait honte à l’humanité », appelant à une action collective. L’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, soutenue par tous les membres du G20, a vu le jour à Rio. Cette initiative va bien au-delà des pays du G20, avec l’adhésion de 82 pays et de nombreuses organisations internationales, dont la FAO et le Programme alimentaire mondial. Lula, qui a mis l’accent sur les enjeux économiques plutôt que sur les crises géopolitiques, a ainsi démontré un leadership fort dans la mobilisation pour une cause vitale pour des millions de personnes à travers le monde.

Autre grand sujet abordé : la question de la taxation des milliardaires. Le Brésil, qui a mis ce thème à l’agenda du G20, a mis en avant l’idée d’une taxation minimale de 2 % sur la fortune des 3 000 personnes les plus riches du monde. Ce projet, soutenu par l’économiste Gabriel Zucman, pourrait rapporter entre 200 et 250 milliards de dollars par an, destinés à financer la lutte contre les inégalités et le changement climatique. Toutefois, l’opposition de certains membres, notamment des États-Unis, pourrait freiner sa mise en œuvre à court terme, à cause des tensions politiques internes et des pressions des plus grandes fortunes.

Sur le plan ukrainien, le G20 a été marqué par une gestion prudente de la question. L’absence de Vladimir Poutine, en raison de son mandat d’arrêt international, a limité la capacité de la Russie à influencer les discussions. Toutefois, la Russie a été représentée par Sergueï Lavrov, et de nombreux partenaires de Moscou, dont la Chine et l’Inde, ont fait bloc pour éviter toute condamnation explicite de la Russie. Ainsi, la déclaration finale se contentait d’évoquer une« paix juste et durable » en Ukraine sans mentionner « l’agression russe ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui exprimé sa déception face à l’absence de stratégie forte de la part des leaders du G20. Ce blocage soulignant ainsi la division croissante entre le Nord et le Sud sur les grandes questions internationales. 

Enfin, la question climatique, qui représente l’un des défis mondiaux les plus urgents, a connu une issue décevante à Rio. Les dirigeants du G20 ont reconnu l’urgence du financement climatique sans pour autant avancer sur des mesures concrètes. La déclaration finale n’a pas repris l’engagement vers une sortie des combustibles fossiles, un principe clé qui avait été adopté lors de la COP28 à Dubaï. Cette approche timide, où les dirigeants ont préféré renvoyer la responsabilité à la conférence de Bakou, a été vivement critiquée par les ONG. Mick Sheldrick, cofondateur de l’ONG Global Citizen, a déclaré que« les dirigeants ne se sont pas montrés à la hauteur de l’enjeu », soulignant l’inefficacité des discussions climatiques du G20. 


Économie

COMMENT RENDRE L’EUROPE PLUS PRODUCTIVE ?

En réponse aux dernières actualités d’EuropaNova, nous analyserons le rapport Draghi, qui propose des orientations clés pour réformer et stimuler la croissance durable en Europe. Parmi les 170 recommandations, plusieurs abordent ces questions cruciales : Accroître l’innovation, Harmonisation juridique, Développement de l’Intelligence artificielle, Transition écologique, Souveraineté stratégique et Simplification administrative. Des rapports similaires ont déjà été élaborés par la Commission européenne, mais pour ce rapport spécifique, il est important de souligner les trois scénarios futurs que Mario Draghi présente : Sortie, Paralysie et Intégration. Nous soutenons l’option de l’Intégration, afin de préserver la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine. Pour que ces ambitions deviennent une réalité, la volonté politique est essentielle, comme en témoigne la création d’une nouvelle agence de l’UE pour les crypto-actifs. En réponse à la politique « America First » du président américain Donald Trump, le président Macron insiste sur la nécessité d’une Europeréunie. Il souligne également l’importance de renforcer les marchés de capitaux pour soutenir l’investissement dans l’économie, une question cruciale pour l’avenir de la compétitivité européenne. L’économiste français Philippe Aghion a ajouté au moment de la table ronde au Collège de France (cf. en introduction) : « Nous avons besoin d’un marché de capitaux (…) pas seulement d’un financement bancaire ». Il est également essentiel de noter que les Européens épargnent trois fois plus que les Américains, mais investissent beaucoup moins. Comme l’a souligné Mario Draghi : « Nous épargnons trois fois plus que les Américains, mais cette épargne n’est pas dirigée vers les entreprises, contrairement aux États-Unis ». Enfin, le rapport Draghi et les interventions des personnalités politiques mentionnées mettent en évidence l’urgence de réformer et de dynamiser les mécanismes financiers européens pour encourager l’investissement productif, tout en maintenant la compétitivité de l’Europe sur la scène mondiale.

UE-MERCOSUR : LES AGRICULTEURS FRANÇAIS EN GUERRE CONTRE LA CONCURRENCE DÉLOYALE

Depuis le 18 novembre, les syndicats agricoles protestent en France contre l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Bolivie). Cet accord, qui prévoit la suppression de presque tous les droits de douane, suscite des inquiétudes chez les agriculteurs européens, principalement en raison de la concurrence déloyale. Les produits concernées, tels que la viande et les céréales, sont en effet beaucoup moins réglementés en Amérique du Sud qu’en Europe. Bien que de nombreux pays de l’UE soutiennent cet accord, à l’image de l’Allemagne et de l’Espagne, la  France quant à elle – soutenue par une large part de la classe politique – est le seul pays européen à y faire encore obstacle. Un débat et un vote sur le sujet auront lieu au Parlement français à partir du 26 novembre. Malgré l’opposition française, l’accord pourrait être contourné si celui-ci est scindé en deux parties distinctes. L’accord aurait des répercussions majeures sur l’agriculture et l’environnement, et le débat à venir pourrait intensifier la pression sur la Commission européenne.


Environnement

COP29 À BAKOU : VERS UN ENGAGEMENTS CONCRET OU UNE NOUVELLE DÉCEPTION CLIMATIQUE ?

La 29e Conférence des parties sur le climat (COP29) se déroule actuellement à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, réunissant 198 pays signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cette rencontre, qui se tient du 11 au 22 novembre 2024, est marquée par des attentes élevées, mais également par des tensions diplomatiques et des absences significatives de certains dirigeants mondiaux. Parmi les absents notables, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, ainsi que la ministre française Agnès Pannier-Runacher, qui a renoncé à son déplacement en raison de propos jugés inacceptables du président azerbaïdjanais.

Au cœur des discussions, deux priorités majeures : l’adaptation au changement climatique et le financement de la transition énergétique, notamment pour les pays du Sud, déjà durement touchés par des catastrophes climatiques. Ces nations, souvent les plus vulnérables, appellent à un soutien financier renforcé pour faire face à ces crises et se préparer aux défis à venir. L’Union européenne, en tant que premier contributeur mondial à l’aide climatique, joue un rôle central, mais ses marges de manœuvre sont limitées par la pression économique interne, notamment en période d’austérité. En parallèle, l’UE cherche à obtenir des engagements plus fermes de la part des grands pays émergents, tels que la Chine et l’Inde, sur leurs responsabilités en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Si l’Europe se distingue par son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, des acteurs comme le Royaume-Uni ont franchi un pas supplémentaire en annonçant un objectif ambitieux : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 81 % d’ici 2035

Le climat de la COP29 est donc un mélange d’espoirs et de frustrations. D’un côté, les pays du Sud, plus vulnérables au changement climatique, exigent des engagements financiers concrets. De l’autre, l’Europe, tout en étant leader, fait face à des défis internes et externes qui limitant ainsi ses actions. Le retrait probable des Etats Unis de l’accord de Paris, pourrait également peser sur l’avenir des accords climatiques mondiaux. Toutefois, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche pourrait aussi motiver certains pays à intensifier leurs efforts, dans l’espoir de préserver le multilatéralisme et d’éviter un déclin des engagements climatiques.

PROTECTION DES OCÉANS : LA NOUVELLE ENTENTE ENTRE LA FRANCE ET LE CHILI

Le 21 novembre 2024, les présidents Emmanuel Macron et Gabriel Boric ont lancé un appel à une coopération renforcée entre la France et le Chili pour la protection et la préservation des océans. Les deux pays, riches en littoraux et en zones économiques exclusives, souhaitent renforcer leur collaboration scientifique, multilatérale et économique dans le but de protéger l’océan et de soutenir une gouvernance internationale plus forte. A l’occasion de cette rencontre Emmanuel Macron a prononcé un discours devant le parlement du Chili, à Valparaiso, durant lequel les points suivants ont été abordés :

  1. Renforcement des connaissances scientifiques : La France et le Chili s’engagent à approfondir leurs recherches sur l’océan, en particulier l’impact du réchauffement climatique, en s’appuyant sur l’Intelligence Artificielle et des initiatives comme le panel international sur la durabilité de l’océan (IPOS) et le centre de recherche Inria Chile. La coopération en Antarctique est également un axe central de leur partenariat.
  2. Protection de l’océan et de la biodiversité : Les deux nations se sont mises d’accord pour lutter contre la pollution et la surexploitation des ressources marines. Elles soutiennent la mise en place d’aires marines protégées (AMP), la réduction de la pollution plastique et la promotion d’une pêche durable.
  3. Lutte contre la pêche illégale : Le Chili et la France s’engagent à intensifier leurs efforts pour combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), en renforçant les mécanismes de surveillance et de régulation.
  4. Énergies marines renouvelables et décarbonation : Les deux pays s’engagent à développer les énergies marines renouvelables, notamment l’éolien offshore et l’hydrogène vert, visant à réduire l’empreinte carbone du transport maritime et à favoriser la transition vers des énergies marines propres.
  5. Sécurisation de la haute mer : La France et le Chili renforceront leur coopération en matière de sécurité maritime, incluant des capacités militaires et civiles pour surveiller et gérer les zones maritimes internationales.

Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de la Décennie des sciences océaniques pour le développement durable (2021-2030) et sera mise en avant lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), organisée par Christian Estrosi et Sébastien Scutca, qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025.


Technologie

L’IMPULSION CHINOISE DANS LE DOMAINE DE L’IA AU TECH HUB

Les entreprises chinoises en plein essor, telles que ByteDance, où les jeunes employés disposent de peu de temps de repos, s’implantent activement dans la Silicon Valley – le Tech Hub. Des géants technologiques comme ByteDance et Alibaba redoublent d’efforts pour recruter des experts en intelligence artificielle, malgré les restrictions américaines sur les technologies de pointe. Ces entreprises cherchent à attirer des talents américains, notamment des ingénieurs et des chercheurs de haut niveau en IA, tout en contournant les embargos sur les puces Nvidia, essentielles au développement de leurs projets d’IA. Cette offensive intervient dans un contexte de tensions croissantes, marqué par des restrictions américaines telles que l’interdiction des exportations de certains microprocesseurs par Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC) vers la Chine. Ces mesures visent à freiner l’accès de la Chine aux technologies de haute performance, cruciales pour le développement de l’intelligence artificielle. En réponse, des entreprises comme Meituan renforcent leurs équipes en Californie, redoutant de perdre du terrain dans la course effrénée à l’IA. Face à cette dynamique, l’Europe, coincée entre les États-Unis et la Chine, cherche à se positionner en acteur indépendant sur le plan technologique. Le secteur technologique européen a généré 2,9 millions d’emplois depuis 2015 et accumulé près de 426 milliards d’euros d’investissements. Cependant, le rapport Draghi souligne l’urgence de réformes pour éviter une « lente agonie » technologique. Le salon Slush à Helsinki incarne cette dynamique, réunissant startups et leaders du numérique pour discuter de l’avenir technologique de l’Europe dans un contexte de compétition mondiale accrue. En fin de compte, ces développements soulignent un moment de transformation pour l’industrie de l’IA, où la concurrence mondiale et les enjeux de souveraineté technologique incitent les régions à innover et à repenser leurs stratégies de développement technologique.

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