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L’Union européenne se trouve à un tournant de civilisation, les Européens doivent se mobiliser pour faire de l’Europe une puissance démocratique majeure du XXIème, à l’avant-garde des grandes transformations technologiques, sociétales et climatiques. Dans un contexte de rééquilibrage géopolitique et géo-économique, EuropaNova souhaite apporter une contribution impactante dans cette nouvelle réalité. Rien ne peut se faire sans votre fidélité et votre soutien. C’est pourquoi nous vous invitons à faire à un don (défiscalisé à 66 %) à notre association reconnue d’intérêt général.
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Comité de rédaction : Guillaume Klossa, Isabelle Négrier, Mareike Dalmann et Aïda Noël.
Chères lectrices, chers lecteurs européens,
Nous sommes heureux de vous informer qu’un échange enrichissant sur la stratégie économique pour l’avenir de l’Europe a eu lieu la semaine dernière en Pologne.
Du 16 au 18 octobre, le Président d’EuropaNova, Guillaume Klossa, a été invité au European Forum For New Ideas #EFNI2024, pour discuter de l’avenir du leaderhip européen. Cinq thèmes principaux ont été abordés : durabilité, transformation numérique, énergie verte, commerce mondial et élections. L’économiste Leszek Balcerowicz a souligné la nécessité de rationaliser les dépenses sociales en Pologne et de poursuivre les privatisations, en rappelant que le pays possède l’un des taux de propriété les plus élevés d’Europe. Aux côtés de plusieurs anciens Premiers Ministres polonais, les intervenantsainsi que le public ont célébré les 35 ans de la transformation économique en Pologne.


Découvrez cette semaine notre analyse de l’actualité européenne. N’hésitez pas à partager le lien d’inscription bimensuelle en libre accès (ici). L’actualité des deux dernières semaines a été marquée par l’approbation, de justesse, de l’adhésion de la Moldavie à l’UE malgré les ingérences russes. En France, la vente potentielle du Doliprane à des fonds non européens suscite des inquiétudes quant à la souveraineté pharmaceutique. Le plan de relance « Next Generation » de l’UE est critiqué pour greenwashing et inefficacité. Dans son ouvrage récemment paru, « Nexus », Harari examine l’impact sociétal de l’IA, en soulignant les nouveaux défis éthiques qu’elle pose.
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Comité de rédaction d’EuropaNovaNews.
Bonne lecture européenne, et restez à l’écoute ! L’invitation au Conclave – avec une conférence publique ouverte à tous – suivra !
EuropaNova

GÉOPOLITIQUE
VICTOIRE FRAGILE EN MOLDAVIE
Le « oui » pour l’UE l’emporte face aux ingérences russes ! Le référendum en Moldavie sur l’objectif d’adhésion à l’Union européenne et son inscription dans la Constitution a donné des résultats très serrés, avec un « oui » s’imposant à 50,28%. Ce résultat, bien que favorable à l’UE, a été marqué par de fortes interférences russes, dénoncées par l’Union européenne et ses dirigeants. Maia Sandu, la présidente pro-européenne de la république de Moldavie, reste en tête du premier tour de l’élection présidentielle, mais les tensions politiques compliquent la situation politique du pays. Malgré ces difficultés, les dirigeants européens ont salué le courage et la détermination de la Moldavie à poursuivre son intégration en Europe. Aux côtés d’Ursula von der Leyen, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a félicité la Moldavie pour son « aspiration à rejoindre la famille européenne », tandis que l’Union européenne a dénoncé les tentatives de perturbations russes. Malgré cette victoire, le leadership pro-européen de Sandu reste fragilisé, et elle doit désormais affronter Alexandru Stoianoglo, candidat prorusse, au second tour de la présidentielle. Stoianoglo, qui bénéficie du soutien prorusse, a rassemblé une part non négligeable de l’électorat, marquant ainsi un clivage important au sein de la société moldave. Ce second tour s’annonce cruciale pour le futur du pays, avec un camp prorusse qui s’active en coulisses pour tenter de freiner l’élan pro-européen incarné par Sandu. Sandu a de plus salué ce résultat malgré les « ingérences sordides » de la Russie, qu’elle accuse d’ « attaque sans précédent contre la démocratie ». Ces accusations sont renforcées par les déclarations de la Commission européenne, qui a observé un « contexte d’interférence sans précédent » de la part de Moscou, visant à déstabiliser le processus démocratique moldave. Enfin, le Kremlin a réagi en demandant des preuves de ces accusations et a dénoncé une campagne électorale « non libre ». Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a exprimé son scepticisme quant à l’augmentation inattendue des voix en faveur de Sandu et du « oui » à l’UE, remettant en cause l’intégrité du scrutin. Cette réaction souligne la volonté de Moscou de maintenir son influence sur l’ancienne république soviétique, alors que la Moldavie se trouve à un carrefour historique entre son passé sous l’influence russe et son avenir potentiel au sein de l’Union européenne ?

ÉCONOMIE
VERS UNE POSSIBLE DISPARITION DU DOLIPRANE DU MARCHÉ FRANÇAIS ?
Au printemps, la Commission européenne a annoncé ses propositions pour garantir un accès équitable aux médicaments en Europe. Malgré ces initiatives, des pénuries d’antibiotiques pour enfants se font ressentir, en particulier en Allemagne et dans d’autres pays voisins en Europe. A présent, c’est l’anti-douleur Doliprane, qui risque de disparaître du marché français. Que devient-elle, la souveraineté française sans le Doliprane, les gélules bleu-jaune connues par tous les enfants en France disparaîtra-t-elle du marché ?
A l’heure actuelle, le groupe Sanofi – instance clé de l’industrie pharmaceutique – envisage de vendre sa filiale Opella, responsable de la commercialisation du Doliprane à des fonds non-européens, comme l’Américain CD&R. Cette nouvelle suscite des polémiques en France, car la santé du pays ne devrait pas dépendre de l’exportation de médicaments essentiels par des entreprises extra européennes. Au vu de cette menace pour la souveraineté industrielle française et européenne, les eurodéputés craignent également une perte de contrôle sur la distribution des médicaments comme le Doliprane. Ce sont surtout les fonds d’investissement qui favorisent des marchés plus lucratifs en dehors de l’Union européenne. Néanmoins, des experts, comme l’Économiste Nathalie Coutinet, estiment que le prix du Doliprane, régulé par l’État français, ne devrait pas augmenter, même en cas de cession. Elle explique : « tous les grands laboratoires pharmaceutiques se séparent de ces branches pour se concentrer sur des médicaments innovants, beaucoup plus chers et rentables ». En revanche, Christophe Grudler, Eurodéputé Renaissance et membre de la commission de l’Industrie, rappelle que le paracétamol, ingrédient actif du Doliprane, demeure dans le domaine public. Il ajoute que « Le Doliprane n’est ni une production européenne, ni une production unique ».En outre, l’Eurodéputé souligne que l’anti-douleur peut être produit par d’autres acteurs, ouvrant la voie à un « Doliprane 2.0 ». Ce n’est donc pas la fin, mais le début d’une nouvelle ère, une opportunité de libérer d’autres fonds pour se concentrer sur la recherche et le développement de nouveaux médicaments encore plus innovants, comme l’explique le directeur général de Sonfi, Paul Hudson, dans l’entretien récent au Monde.

ENVIRONNEMENT
DU DENI DE CLIMAT AU GREENWASHING
Le plan de relance post-Covid, nommé « Next Generation EU », repose sur une enveloppe de 750 milliards d’euros. Ce plan a été lancé pour soutenir la reprise économique après la pandémie. Il devait placer la transition écologique et numérique au cœur des priorités européennes. Un des objectifs principaux était de favoriser les verdissements des économies afin que l’Europe soit mieux préparée aux défis climatiques et environnementaux actuels et futurs. Ainsi, au moins 37 % des investissements devaient être consacrés à la transition climatique. Cependant, derrière cette ambition se cache une réalité marquée par des retards significatifs et des pratiques contestables. Bien que le plan de relance ait été conçu pour répondre rapidement aux défis posés par la pandémie, moins d’un tiers des fonds ont été utilisés par les États membres à la fin de l’année 2023. Ce plan doit pourtant s’achever fin 2026. La majorité des États membres ont pris du retard dans leurs demandes de paiement, par rapport aux délais initialement prévus, freinant ainsi l’efficacité des mesures. En parallèle, les pressions politiques et économiques ont conduit la Commission européenne à reporter d’un an l’application de la loi sur la déforestation prévue initialement pour 2024. Cette loi aurait pu interdire la commercialisation de produits issus de la déforestation, comme le cacao ou l’huile de palme. Ce retard vient renforcer l’impression d’un déni climatique persistant au sein des institutions européennes. S’ajoutant à ce constat préoccupant, la Cour des comptes européenne a, dans son rapport du 2 septembre 2024, dénoncé des dérives qualifiées de greenwashing. Plusieurs projets, présentés comme écologiques et en faveur du développement durable, se révèlent être des mirages. Les critères de durabilité promis ne sont pas respectés. Pire encore, la Cour des comptes a également révélé une surestimation des investissements verts qui atteint 34,5 milliards d’euros. Selon Joëlle Elvinger, le plan de relance « souffre d’un niveau élevé d’approximation dans les programmes, ainsi que de décalages entre les plans et leur mise en œuvre, et au bout du compte fournit peu d’indications sur la part de l’argent qui profite directement à la transition verte ». Ce discours insiste sur la nécessité d’une rigueur accrue dans l’attribution et la gestion de ces financements. En outre, il ne faut pas oublier que le plan de relance est partiellement financé par des taxes qui touchent directement les citoyens européens. Depuis le 1er janvier 2020, une contribution plastique de 0,80 euro par kilogramme de déchet plastique non recyclé a été instaurée. Cette taxe s’ajoute à d’autres impositions comme la taxe carbone sur les marchandises importées et la taxe numérique, introduites en 2023.
À l’heure où l’Europe ambitionne de diriger la lutte climatique, il devient urgent de repenser les mécanismes en place pour garantir l’efficacité des investissements. Si l’on souhaite éviter de tomber dans les travers du greenwashing, une plus grande transparence et une rigueur accrue dans la mise en œuvre des projets s’imposent. La recommandation d’un audit plus approfondi résonne comme un appel à la responsabilité collective, soulignant l’importance d’une gouvernance plus stricte sur l’utilisation de fonds publics. En somme, alors que l’UE se positionne comme un leader de la transition écologique, il est essentiel d’amorcer une réforme nécessaire pour garantir que les investissements européens soient à la hauteur des défis climatiques qui nous attendent.

TECHNOLOGIE
SOMMES-NOUS DES ESCLAVES DE L’IA ?
Pour tout le monde, l’accès à l’IA est désormais possible – l’IA n’est-elle donc plus un game changer ? Les analyses de l’Oxford Internet Institute, notamment celles menées par Helen Margetts (Directrice du programme Public Policy à l’institut Alan) mettent en avant l’utilisation de l’IA dans la recherche sur la politique publique. De plus, le programme de recherche à Oxford s’efforce de trouver comment travailler avec la data science afin d’améliorer les processus du policy-making. Par ailleurs, les chercheurs de l’institut Alan Turing, approfondissent l’impact de l’éthique sur l’usage de la data science au sein du gouvernement. Les défis à la generative AI sont présents dans l’espace européen ainsi qu’à l’international.
L’EU AI Act contient de tels défis, notamment en ce qui concerne les general requirements sur la transparence nécessaire dans ce nouveau modèle technologique. A ce sujet, nous aimerions attirer votre attention sur « Nexus », écrit par Yuval Noah Harari, connu pour son ouvrage « Sapiens » dans lequel il s’interroge sur l’ecce homo moderne. Dans sa plus récente publication « Nexus »– effrayant et divertissant – l’impact des réseaux d’information à l’époque de l’IA est discuté. L’accès aux outils d’IA nous promet un savoir infini – quelles sont les nouvelles limites du savoir ? Dans son ouvrage, Harari analyse comment les réseaux d’information façonnent le monde et explore les décisions cruciales à prendre face aux transformations de l’IA en particulier dans les domaines de la médecine et de les démocratie, menaçant alors notre avenir. Il s’interroge sur les « Sapiens » qui, ayant accumulé un immense pouvoir, font face à une crise sans précédent : effondrement écologique, tensions politiques, désinformation et montée de l’intelligence artificielle qui pourrait les dominer. Bonne lecture de cet ensemble complexe !
