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L’Union européenne se trouve à un tournant de civilisation, les Européens doivent se mobiliser pour faire de l’Europe une puissance démocratique majeure du XXIème, à l’avant-garde des grandes transformations technologiques, sociétales et climatiques. Dans un contexte de rééquilibrage géopolitique et géo-économique, EuropaNova souhaite apporter une contribution impactante dans cette nouvelle réalité. Rien ne peut se faire sans votre fidélité et votre soutien. C’est pourquoi nous vous invitons à faire à un don (défiscalisé à 66 %) à notre association reconnue d’intérêt général.
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Comité de rédaction : Guillaume Klossa, Isabelle Négrier, Ilona Mayerau-Lonné et Delia Dinca.
Chers lecteurs européens,
EuropaNovaNews fait son retour cette semaine et nous espérons que vous avez passé un bel été !
Les dernières élections européennes ont redessiné le paysage politique de l’Union Européenne. Nous vous invitons à découvrir ou à redécouvrir notre rapport qui analyse les élections européennes 2024, au regard des résultats du scrutin européen de 2019.
En juin s’est tenu le Symposium d’EuropaNova et de l’Institut Polytechnique de Paris. Cet évènement exceptionnel a rassemblé des personnalités européennes éminentes de la recherche et de la technologie, des universitaires et des industriels, dans un dialogue fécond sur la construction du prochain agenda européen en matière d’innovation technologique. Jean-Pierre Vidal, Chef économique du cabinet du Président du Conseil Européen, Charles Michel, est intervenu lors du symposium. Vous pouvez visionner la rediffusion du Symposium sur notre chaîne YouTube et consulter notre rapport “Last call for a reindustralised Europe” sur notre site.

Le 9 août, Isabelle Négrier, Directrice générale d’EuropaNova a été invitée à l’ambassade du Royaume-Uni par Monsieur Stephen Doughty, nouveau ministre d’État pour l’Europe et par l’ambassadrice du Royaume, Madame Menna Rawlings afin afin d’échanger sur les nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l’Europe à bâtir, suite aux élections britanniques qui ont porté au pouvoir un nouveau gouvernement pro-européen. Le dialogue a porté sur la démocratie et l’économie principalement. La montée du nationalisme en Europe et au Royaume-Uni a également fait l’objet d’échanges : « Against populist we have to be popular. » dixit Isabelle Négrier. EuropaNova a également formulé des propositions sur l’économie et la souveraineté européenne : « construisons une économie mixte européenne en mutualisant les ressources publiques et privées au sein de l’Agence européenne pour la recherche et l’innovation, pour repositionner l’Europe comme un acteur face aux autres continents. » dixit I. Négrier.

Le Bled Strategic Forum (BSF) s’est tenu à Bled, en Slovénie, cette semaine du 2 au 3 septembre. Guillaume Klossa, Président d’EuropaNova, et Phillipe Etienne, conseiller spécial d’EuropaNova, sont intervenus pour échanger sur le rapport du Conclave 2023. « Les Européens comprennent désormais que l’Union doit accélérer sa transformation en grande puissance globale, durable et responsable pour rester compétitive et défendre ses intérêts, il faut maintenant de la volonté politique et du leadership. » dixit Guillaume Klossa. Pour toute information complémentaire sur le Bled Strategic Forum, nous vous invitons à consulter cet article.
Découvrez cette semaine notre nouvelle analyse de l’actualité européenne, n’hésitez pas à partager le lien d’inscription à cette publication bimensuelle et en libre accès (ici).
EuropaNova félicite Michel Barnier pour sa nomination en tant que Premier Ministre de la France. Fort de son expérience en tant que Ministre délégué aux Affaires européennes, Commissaire européen, Député européen, Commissaire européen au Marché intérieur, Conseiller spécial européen, et Négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit. Le nouveau Premier Ministre a déjà collaboré à six reprises avec EuropaNova lors du débat public engageant la société civile et la jeunesse.

Bonne lecture européenne !
EuropaNova

Géopolitique
TOP JOBS ET NOUVELLE COMMISSION EN QUÊTE DE PARITÉ
Postes clés au sein des institutions européennes, les top jobs sont redistribués après chaque élection européenne. On trouve la présidence de la Commission européenne, actuellement occupée par Ursula von der Leyen, reconduite pour un second mandat cette année. Le Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères est chargé de conduire la politique étrangère de l’Union tout en étant vice-président de la Commission. Josep Borrell occupe actuellement ce poste, mais l’estonienne Kaja Kallas (Renew) a été proposée pour lui succéder. Le Président du Conseil européen est actuellement Charles Michel. Après deux mandats, il sera remplacé par António Costa (invité lors du Conclave 2023 d’EuropaNova) en décembre. Au Parlement européen, la maltaise Roberta Metsola, en poste depuis 2022, a été reconduite pour un second mandat cette année. La Banque centrale européenne (BCE) est dirigée par Christine Lagarde depuis 2019 pour un mandat de huit ans non renouvelables.
Ursula von der Leyen présentera le 11 septembre devant la Conférence des présidents du Parlement européen « la structure envisagée de la nouvelle Commission et la répartition des responsabilités (portefeuilles) au sein du nouveau collège ». Cette présentation permettra au Parlement de soulever d’éventuels doutes. Après cette étape, les auditions des commissaires désignés débuteront en octobre, et si aucun candidat n’est rejeté, le vote final pour la validation de la Commission aura lieu fin octobre ou fin novembre, avec une prise de fonction prévue le 1er novembre ou le 1er décembre 2024.
Depuis sa réélection, von der Leyen s’efforce de constituer une équipe la plus paritaire possible, demandant aux États membres de proposer des candidats des deux sexes lorsqu’un commissaire sortant n’est pas reconduit. Cependant, cette initiative a été largement ignorée, avec seulement la Bulgarie respectant cette consigne. Actuellement, sur les 26 candidats proposés, 17 sont des hommes et 9 des femmes, incluant von der Leyen. La Roumanie a récemment remplacé son candidat masculin par une femme, sous la pression de von der Leyen pour plus de parité. Les auditions des commissaires se dérouleront sous la supervision des commissions parlementaires en charge de leurs portefeuilles respectifs, marquant la dernière étape avant la validation finale de la nouvelle équipe européenne.
LE DRAPEAU EUROPÉEN AUX JO DE PARIS 2024
Lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le drapeau européen flotte aux côtés des drapeaux français et olympique, une première historique. Cette initiative a été lancée par le président Emmanuel Macron, qui a demandé au Comité International Olympique (CIO) et à son président, l’Allemand Thomas Bach, d’autoriser la présence de la bannière européenne pour promouvoir l’unité et les valeurs de l’Union Européenne. Annoncée le 9 mai, Journée de l’Europe, cette décision reflète une volonté de donner une dimension européenne aux Jeux, soulignant l’importance de l’UE sur la scène internationale.
« Faire rayonner l’Union européenne lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, avec la présence inédite du drapeau européen […] sur les sites olympiques et paralympiques, mais aussi au cœur des villages olympique et paralympique. » ont annoncé, dans un communiqué joint, la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra et le ministre délégué chargé de l’Europe, Jean-Noël Barrot.
Cette initiative n’est cependant pas sans précédent : des tentatives similaires ont eu lieu par le passé, notamment lors des JO de Tokyo en 2021, où la demande de représenter le drapeau européen avait été refusée par le CIO. La bannière aux douze étoiles avait cependant déjà fait une courte apparition sur les podiums olympiques lors des JO de Rio en 2016 avec l’escrimeuse italienne Elisa Di Francisca qui avait brandi le drapeau européen alors qu’elle recevait sa médaille d’argent.
La décision d’intégrer le drapeau européen aux Jeux de Paris 2024 marque donc une étape symbolique dans la visibilité de l’Union Européenne lors d’événements internationaux, réaffirmant son rôle dans la promotion des valeurs partagées de paix, d’unité et de diversité culturelle sur la scène sportive mondiale.
TENSIONS EN MER DE CHINE MÉRIDIONALE
Dimanche 1er septembre, l’Union Européenne a accusé la République populaire de Chine de mener « des actions dangereuses » contre des navires philippins, alors que les deux états s’étaient mutuellement accusés auparavant en se renvoyant la responsabilité des collusions intervenues entre des navires de garde-côtes et en s’accusant de provoquer délibérément ces accrochages.
Nabila Massrali, porte-parole du chef de la diplomatie de l’Union Européenne, Josep Borrell, a déclaré dans un communiqué que l’UE « condamne » ces actions « menées par les navires des garde-côtes chinois contre les opérations maritimes légitimes des Philippines » en mer de Chine méridionale.
Ces incidents se sont produits près d’un récif disputé, qui avait déjà connu une série d’accrochages du même type auparavant. Ainsi, la porte-parole souligne que ces incidents « mettent en danger la sécurité des personnes en mer et violent le droit à la liberté de navigation auquel toutes les nations ont droit en vertu du droit international ». Elle a déclaré que « L’UE condamne toutes les actions illégales, escalatoires et coercitives qui portent atteinte [aux] principes du droit international et menacent la paix et la stabilité dans la région » et « L’Union européenne appelle à une désescalade des tensions et reste déterminée à soutenir ses partenaires qui cherchent à exercer leurs droits légitimes, dans la région et au-delà. »
Au nom de raisons historiques, la quasi-totalité des îlots en mer de Chine méridionale est revendiquée par la République populaire de Chine. Néanmoins, l’arrivée au pouvoir en 2022 du président philippin Ferdinand Marcos a signé un retour à une ligne nationale plus dure vis-à-vis des prétentions territoriales chinoises dans ces zones disputées.
RÉSULTATS D’ÉLECTIONS EN GRANDE-BRETAGNE ET EN ALLEMAGNE
Depuis le 4 juillet, le parti travailliste britannique est à nouveau au pouvoir. C’est ce qu’ont donné les résultats des élections législatives qui ont procuré une majorité très claire de 412 députés au labour party, ce qui le place à nouveau au pouvoir, après 14 ans dans l’opposition. Le nouveau premier ministre a reçu rapidement les félicitations des hauts dignitaires européens, comme celle du président du conseil européen, Charles Michel, qui l’a félicité pour sa « victoire électorale historique », disant se réjouir de travailler avec Londres sous un gouvernement travailliste. Il déclare sur X que « l’Union Européenne et le Royaume-Uni sont des partenaires essentiels, qui coopèrent dans tous les domaines d’intérêt mutuel pour nos citoyens ».
Du côté de l’Allemagne, la montée de l’extrême droite continue avec les élections législatives en Saxe (Sachsen) et en Thuringe (Thüringen), deux Länder allemands où l’Alternative für Deutschland (AfD), le parti reconnu officiellement d’extrême-droite, a gagné respectivement 30,6% et 32,8% des sièges et termine donc même en première place en termes de nombre de sièges en Thuringe. Malgré des scores jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale, l’AfD ne devrait pas être en position de gouverner ces deux Länder où les autres partis ont clairement indiqué qu’ils ne formeraient pas de coalition avec le parti d’extrême droite.

ÉCONOMIE
LE MÉTIER DE PROFESSEURS EN PÉRIL
Dans de nombreux pays européens, la pénurie de professeurs se fait ressentir de plus en plus fortement. Ainsi, rien qu’en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la région la plus peuplée d’Allemagne, 6 700 professeurs pour tous les niveaux manquaient à l’appel, contre 3 100 en France.
Pour expliquer ce phénomène, on avance souvent l’argument des salaires, qui sont très variables selon les pays. En effet, un enseignant du second degré en Hongrie gagne, selon les chiffres publiés par la Commission européenne pour l’année scolaire 2021/2022, environ 15 fois moins qu’un collègue luxembourgeois, qui lui, vit dans le pays qui paye le mieux ses professeurs. De fait, en moyenne, les enseignants dans le grand-duché du Luxembourg gagnent 81 080 euros par an, alors qu’en Hongrie, la même profession ne donne droit qu’à environ 7 388 euros par an, en moyenne. Derrière le Luxembourg suivent, en ordre décroissant, l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas, alors que la Roumanie (9 352 euros), la Bulgarie (8 682 euros) et la Pologne (8 232 euros) se retrouvent en queue de peloton. La France, elle, se situe au milieu puisqu’un enseignant français gagne en début de carrière 30 935 euros par an, un salaire comparable à ceux que l’on retrouve en Italie et à Malte. De même, les évolutions de salaire au cours de la carrière sont très différentes selon les pays européens.
LA RUSSIE PAIE LE PRIX FORT POUR MAINTENIR SES ÉCHANGES AVEC L’UE
Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Union Européenne ont fortement diminué, mais les sanctions européennes sont contournées via des pays tiers, augmentant le coût pour Moscou. Selon Eurostat, les importations de l’UE en provenance de Russie ont chuté de 16 % entre le premier et le second trimestre 2024, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2002. Les exportations vers la Russie ont aussi baissé de 9,5 %. Bien que les sanctions aient réduit le commerce direct, Moscou utilise des partenaires comme la Chine, la Turquie, l’Ouzbékistan et l’Arménie pour maintenir son accès aux marchés. Cela entraîne des pertes financières pour la Russie, car les biens vendus via ces pays sont plus coûteux.En effet, comme l’explique Philippe Lausberg, analyste du Centre de politique européenne à Euractiv : « Si la Russie vend par l’intermédiaire d’un pays tiers, ce pays tiers gagne de l’argent et la Russie en perd. L’électronique et les produits technologiques sont plus chers qu’auparavant ».
L’économie russe, bien qu’actuellement en croissance rapide, montre des signes de surchauffe, notamment à cause des fortes dépenses militaires qui boostent temporairement la production industrielle, mais ne constituent pas un investissement durable. Le chômage en Russie est très bas et les salaires augmentent rapidement, mais ces gains sont largement dus à des mesures conjoncturelles, comme l’effort de guerre, plutôt qu’à une véritable résilience économique. « À long terme, on ne peut pas faire fonctionner une économie avec des importations de produits technologiques à des coûts élevés et si l’on ne dispose pas d’une main-d’œuvre capable de fournir ce que l’on veut produire […] À mon avis, l’économie russe est en train d’hypothéquer son avenir », conclut l’analyste.
FABIO PANETTA APPELLE À LA CRÉATION D’UNE “CAPACITÉ BUDGÉTAIRE COMMUNE”
Fabio Panetta, président de la Banque d’Italie et ancien membre du conseil exécutif de la Banque Centrale Européenne, a appelé à la création d’une « capacité budgétaire commune » pour l’Union Européenne lors d’un discours prononcé au sommet catholique de Rimini le 21 août 2024. Cet événement, organisé par le Mouvement Communion et Libération, réunit chaque année des personnalités politiques, économiques et culturelles autour de thèmes sociétaux importants.
Dans son discours, Panetta a insisté sur l’importance de l’Union Européenne pour garantir la paix et la prospérité, tout en soulignant que l’UE doit se réformer pour répondre aux défis actuels. Il a notamment dénoncé les « pulsions nationalistes qui ralentissent le processus d’intégration », affirmant que la réponse collective à la pandémie n’a fait que ralentir cette tendance. Panetta a mis en avant la nécessité de réformes profondes et d’investissements massifs pour renforcer l’UE.
L’un des points centraux de son discours est la nécessité de « créer une capacité budgétaire commune, sans laquelle la gouvernance européenne actuelle – caractérisée par une politique par une politique monétaire unique et des politiques budgétaires fragmentées au niveau national – reste déséquilibrée ».
Panetta a qualifié d’« illusion » l’idée que l’Union économique et monétaire puisse fonctionner efficacement sans une capacité budgétaire centralisée, arguant qu’une politique budgétaire commune renforcerait la cohésion entre les États membres et faciliterait la réalisation d’investissements stratégiques. Le président de la Banque d’Italie a également mis en avant les domaines clés où l’Union Européenne doit concentrer ses efforts, notamment les transitions environnementale et numérique, et des secteurs stratégiques comme l’alimentation, l’énergie, la santé et la défense. Il a souligné que ces secteurs représentent des « biens publics supranationaux qui nécessitent une approche coordonnée au niveau européen ». Panetta a plaidé pour « l’élargissement du marché unique à des secteurs actuellement exclus, tels que les télécommunications et l’énergie ».

ENVIRONNEMENT
LA CRISE DES CANADAIRS EN EUROPE
La pénurie critique de Canadairs en Europe a été exacerbée par l’augmentation des incendies de forêt dus au réchauffement climatique. La saison 2024 a déjà vu des feux ravager la Grèce et l’île portugaise de Madère, mettant en évidence le manque de bombardiers d’eau. L’Union Européenne a activé le mécanisme de protection civile RescEU et prévoit d’investir 600 millions d’euros pour acquérir de nouveaux Canadairs. Toutefois, la production, assurée en monopole par DeHavilland, est lente et retardée puisque « la première livraison [vers l’Europe] aura lieu fin 2027 ou début 2028 » a confirmé le constructeur. Les États membres ont commandé 20 avions, mais les retards accumulés suscitent des doutes sur la livraison à temps.
En France, la maintenance de la flotte vieillissante est également un problème, aggravé par les difficultés du prestataire Sabena Technics, habilité jusqu’en 2027. Seulement six des douze Canadairs français étaient opérationnels à la mi-août 2024 a rappelé Benoît Quennepoix, pilote de Canadair et membre du syndicat national de l’aéronautique civile SNPNAC.
Pour remédier à cette situation, l’Union Européenne envisage des alternatives à long terme, comme le développement d’une chaîne de production 100 % européenne, soutenue par des projets de nouvelles entreprises comme Roadfour (Belgique) et Hynaero (France). Toutefois, ces avions ne seront pas disponibles avant 2030, et les coûts élevés compliquent la mise en place de cette industrie. En attendant, l’Europe reste dépendante des livraisons retardées de DeHavilland, mettant en péril sa capacité à lutter efficacement contre les incendies de forêt.
LES ONG EN JUSTICE POUR INSUFFISANCE DES ACTIONS CLIMATIQUES
Nous assistons actuellement à la montée en puissance des actions en justice contre la Commission européenne pour insuffisance en matière de politiques climatiques. En effet, en réaction au ralentissement des efforts législatifs de l’UE sur le climat durant la législature 2024-2029, des ONG se tournent vers les tribunaux pour réclamer des mesures plus ambitieuses. Deux récentes plaintes ont été déposées : l’une (déposée par Climate Action Network Europe et Global Legal Action Newtork) conteste les objectifs climatiques jugés « insuffisants » de l’UE pour 2030, tandis que l’autre (déposée par Opportunity Green et quatre autres ONG) s’oppose à la classification de l’aviation et du transport maritime comme « durable » sous les règles d’investissement vertes.
Les actions en justice sont encouragées par des précédents selon Catherine Higham, chargée de mission à la London School of Economics (LES). Elle mentionne l’affaire Urgenda aux Pays-Bas, où les tribunaux ont jugé que l’insuffisance des réductions d’émissions violait les droits humains. Sans l’affaire Urgenda, « il n’y aurait pas eu l’affaire […] qui a suivi, dans laquelle des ONG ont contesté les objectifs de réduction des émissions de Shell » selon Higham. Bien que ces litiges soient longs et coûteux, ils peuvent créer des précédents influents, forçant l’Union Européenne à adopter des politiques plus ambitieuses.
« L’Europe est une région importante pour les litiges liés au changement climatique […] plus des trois quarts des affaires en dehors des Etats-Unis ont été déposées ici. » L’Union Européenne, pourtant, présente un cadre juridique ambigu pour les litiges climatiques : la convention d’Aarhus favorise l’accès à la justice environnementale, mais d’autres jugements européens ont limité les actions en rejetant les plaintes d’ONG jugées non « directement concernées». Les juges ont alors considéré que les ONG n’étaient pas suffisamment affectées par les politiques en question pour déposer plainte. Ce paradoxe complexifie la lutte juridique pour une justice climatique plus ferme en Europe.

TECHNOLOGIE
SKYDRONE ROBOTICS PRÉPARE L’AVENIR DES DRONES AVEC L’APPUI DE L’UE
Skydrone Robotics est une entreprise innovante basée à La Rochelle, spécialisée dans le développement de drones modulables depuis 2018. L’entreprise, soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine et le Fonds européen de développement régional (FEDER), se prépare à passer une étape cruciale pour son expansion : obtenir la certification de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA). Cette certification est essentielle pour la mise en œuvre de son projet phare, « Drones for life« , qui prévoit le transport de médicaments et d’échantillons biologiques entre différents centres hospitaliers.
Le drone Versatyl, l’un des produits phares de Skydrone, est conçu pour des applications variées, allant du transport de médicaments à la réparation de lignes haute tension. Il se distingue par sa capacité à transporter des charges lourdes allant jusqu’à 35 kilogrammes et par son adaptabilité, permettant d’intégrer des intelligences artificielles pour des missions spécifiques. « Si un client souhaite créer un drone qui lance des bombes à eau, il peut développer son IA qui détecte les feux de forêt et l’intégrer ensuite dans cette capacité de calcul. On peut imaginer la même chose pour Drones for life, avec le développement d’un algorithme de reconnaissance de pistes d’atterrissage réservées aux drones sur les hôpitaux » explique Antoine Vidaling, président de la start-up.
En octobre 2024, Skydrone réalisera un test de transport de médicaments entre La Rochelle et l’île d’Oléron, illustrant l’application pratique de ses technologies. Ce test s’inscrit dans un contexte où l’entreprise a déjà démontré l’efficacité de ses drones dans des expériences de transport rapide entre hôpitaux à Bordeaux, où les délais ont été réduits de manière significative par rapport aux transports traditionnels.
Skydrone Robotics bénéficie d’un financement de 400 000 euros du FEDER, ce qui lui permet de développer ses capacités de recherche et de recrutement. L’entreprise prévoit de soumettre son drone Versatyl pour une certification de niveau 3 d’ici 2025, ce qui augmenterait sa fiabilité et sa capacité de charge. Cette certification est cruciale pour accéder au marché européen plus large et répondre aux normes strictes de l’AESA.
La Commission européenne soutient également le secteur des drones, avec une stratégie dévoilée en novembre 2022 visant à développer les services de drones en Europe, avec un objectif de création de 145 000 emplois d’ici 2030. Les drones, en raison de leur faible impact environnemental comparé aux hélicoptères et de leur capacité à transporter des charges sans nécessiter un pilote à bord, sont considérés comme une solution prometteuse pour divers besoins logistiques et environnementaux. « À partir du moment où le transport est trop long et coûteux, les drones ont un intérêt » selon Antoine Vidaling.
L’EUROPE FACE AUX ABUS CROISSANTS DE LOGICIELS ESPIONS
Le 3 septembre 2024, des organisations de la société civile ont lancé un appel pour une interdiction totale des logiciels espions dans l’Union Européenne, invoquant leur utilisation abusive croissante et une réglementation insuffisante. Cette déclaration survient après les révélations de juillet 2021 concernant l’utilisation malveillante du logiciel espion Pegasus pour surveiller des responsables politiques, des journalistes et des activistes. « Nous regrettons que les institutions de l’UE n’aient pas réussi à fournir des solutions efficaces […] aux nombreux rapports de mauvaise administration et d’abus de pouvoir par les États membres au cours de la dernière législature » peut-on lire dans la déclaration commune.
Les signataires, incluant des groupes comme le Centre pour la démocratie et la technologie Europe et la Fédération européenne des journalistes, critiquent les institutions européennes pour leur lenteur à adopter des mesures efficaces. Ils exigent une interdiction complète de la production, de l’exportation et de l’utilisation des logiciels espions, tout en appelant à renforcer les réglementations existantes sur la liberté des médias et la protection de la vie privée.
La déclaration souligne que les législations en vigueur, telles que la législation européenne sur la liberté des médias (EMFA) et le règlement sur la vie privée et les communications électroniques (ePrivacy Regulation), sont insuffisantes pour protéger efficacement les journalistes et les citoyens contre les logiciels espions. Les révisions attendues de ces règlements sont bloquées, et les signataires exigent également des modifications du régime de contrôle des exportations pour éviter que les logiciels espions produits en Europe ne soient « utilisés à des fins de répression ou de violation des droits de l’homme ».Parallèlement, en Pologne, un scandale d’espionnage impliquant Pegasus continue d’émerger avec des inculpations en cours pour les membres du précédent gouvernement conservateur. La Pologne pourrait jouer un rôle clé en présidant le Conseil de l’UE en 2025, favorisant une législation plus stricte sur les logiciels espions. Lorenzo Perez, du CDT, a rappelé que la Pologne est actuellement le seul État membre à « enquêter activement sur l’abus de logiciels espions et à prendre des mesures concrètes pour garantir la responsabilité et la réparation pour les victimes ».
