EuropaNovaNews du 19 juillet 2024

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L’Union européenne se trouve à un tournant de civilisation, les Européens doivent se mobiliser pour faire de l’Europe une puissance démocratique majeure du XXIème, à l’avant-garde des grandes transformations technologiques, sociétales et climatiques. Dans un contexte de rééquilibrage géopolitique et géo-économique, EuropaNova souhaite apporter une contribution impactante dans cette nouvelle réalité. Rien ne peut se faire sans votre fidélité et votre soutien. C’est pourquoi nous vous invitons à faire à un don (défiscalisé à 66 %) à notre association reconnue d’intérêt général.

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Comité de rédaction : Guillaume Klossa, Isabelle Négrier, Nathanaël Nelisseou-Leglise et Emilie Charles.


Géopolitique

DONALD TRUMP VICTIME D’UNE TENTATIVE D’ASSASSINAT

Le 13 juillet dernier, lors d’un meeting en Pennsylvanie, Donald Trump a été victime d’une tentative d’assassinat et a été blessé à l’oreille droite.Le visage ensanglanté, le poing levé, entouré par ses gardes du corps évacuant la scène du meeting, ce dernier asséne à la foule le mot “fight”, “combattez” en français. C’est l’image qui a marqué le monde entier ce week-end. 

Le tireur, Thomas Matthews Crook, est un jeune homme de 20 ans. Celui-ci a été tué sur le coup par les forces de l’ordre américaines. “Matthew Crooks s’était inscrit comme électeur républicain pour l’élection présidentielle du 5 novembre. À l’âge de 17 ans, il avait néanmoins fait un don de 15 dollars à ActBlue, un comité d’action politique qui lève des fonds pour les démocrates”. Cela peut arriver que des électeurs démocrates s’enregistrent comme électeurs républicains afin de pouvoir s’ingérer dans les meetings, événements du parti adversaire. Considéré comme ”étrange” par ses camarades de classe, il avait été renvoyé du club de tir de son lycée car il était “mauvais tireur”. Un des membres du club témoigne : “Il était considéré comme dangereux et on lui avait demandé de ne plus revenir”. 

Cette tentative d’assassinat remet au cœur de la campagne américaine la place des armes à feu aux États-Unis. En effet, l’arme utilisée par l’auteur des tirs est un fusil semi-automatique AR-15. Cette arme est retrouvée dans de nombreuses tueries de masse aux Etats-Unis. Il s’agit de l’arme la plus populaire du pays, la plus vendue avec environ 25 millions d’armes de ce modèle dans les rues. Environ un Américain sur vingt en possède, bien que leur vente ait été prohibée entre 1994 et 2004. Si cette arme est si populaire c’est parce qu’elle est particulièrement accessible à l’achat. Elle est vendue à seulement 350 dollars dans les armureries américaines. Elle peut être achetée dès l’âge de 18 ans. Enfin l’AR-15 est particulièrement facile à manier, légère et tire deux fois plus vite que la plupart des armes de poing. Pour les meurtriers de masse, sa funeste efficacité est donc particulièrement attractive. Un « tireur peut tirer plus d’une centaine de fois en quelques minutes », estime le New York Times.

Selon l’Ipsos, en 2021, 65% des Américains estimaient que les lois sur les armes devraient être plus restrictives. Cette donnée ne diminue pas l’influence du lobby des armes NRA aux Etats-Unis.


LE PARLEMENT FAIT SA RENTRÉE !

Plusieurs semaines se sont écoulées depuis les élections européennes du 9 juin dernier et c’est mardi 16 juillet que les 720 députés européens ont fait leur rentrée. Lors de cette première plénière, les eurodéputés ont inauguré le nouvel hémicycle à Strasbourg en confiant de nouveau leur confiance à Roberta Metsola, pour exercer le poste de Présidente du Parlement européen. Cette dernière “ouvre le bal des votes des eurodéputés sur les tops jobs des institutions de l’UE”. Elle a été réélue avec une large majorité : 562 voix, sans aucune opposition majeure. En effet, seul le groupe de la Gauche (GUE/NGL) a présenté une candidate à la succession de Roberta Metsola : Irene Montero. Cette dernière issue du parti espagnol Podemos a néanmoins réussi à regrouper 61 voix, alors que son groupe politique ne compte que 46 eurodéputés. 

À l’instar de Roberta Metsola, Ursula von der Leyen est reconduite par les eurodéputés pour un second mandat à la tête de la Commission européenne. Elle a été réélue ce jeudi 18 juillet avec 401 voix, alors qu’il lui en fallait 360 et 284 voix contre. 

Ce nouveau cycle institutionnel européen met aussi en lumière le renforcement de l’extrême droite au sein du Parlement européen. L’institution assiste à la formation de nouveaux groupes et partis politiques. Les groupes politiques d’extrême droite CRE (Conservateurs et Réformistes européens) et Patriotes pour l’Europe (anciennement Identité Démocratie) représentent les deuxième et troisième forces politiques du Parlement européen. De nouveaux partis émergent aussi comme La Fête est finie, parti fondé autour du leader espagnol Alvise Pérez. Bien que l’extrême droite soit en progression au Parlement européen, elle est aussi divisée, un troisième groupe politique “L’Europe des nations souveraines” a émergé, mené par l’AfD, l’extrême droite allemande. Le cordon sanitaire semble avoir tenu : « Les Patriotes pour l’Europe », le nouveau groupe dirigé par Jordan Bardella et « L’Europe des nations souveraines » font chou blanc. Néanmoins, le groupe CRE mené par la Première ministre Italienne Giorgia Meloni obtient deux postes. Il s’agit d’un poste de plus que lors de la précédente mandature. L’eurodéputé letton Roberts Zile et l’italienne Antonella Sberna ont été élus Vice-présidents du Parlement européen.


ÉCONOMIE

RÉDUCTION DES DÉPENSES PUBLIQUES ET AUGMENTATION DU BUDGET DE L’UE

Alors que la fraîchement réélue Président de la Commission européenne Ursula Von der Leyen s’adressait au Parlement européen jeudi 18 juillet, les ministres des Finances des 20 pays de la zone euro se sont également réunis le 15 juillet. À l’ordre du jour des deux réunions, le budget de l’Union. Les ministres tout comme la Présidente préparent l’année 2025 et l’agenda budgétaire 2024-2029 des nouveaux élus européens.

Selon les ministres des Finances des pays de la zone euro, les États-membres devront faire face à une importante diminution de leurs dépenses publiques, qualifiée de “situation budgétaire d’austérité” par ces derniers. En cause, les recommandations de la Commission européenne, maîtresse du budget. La Commission avait déjà épinglé la France, la Belgique, l’Italie, la Hongrie, Malte, la Pologne et la Slovaquie pour déficit excessif en juin dernier. Cet ajustement est censé se dérouler sur 7 ans, mais pourrait être raccourci à 4 années, ce que craignent les ministres.

De son côté, Madame Von der Leyen a annoncé devant le Parlement que le budget devra être renforcé et revu à la hausse. Elle a également insisté sur la nécessité de nouveaux investissements, appuyant cette augmentation du budget, sans préciser la provenance des fonds. La Présidente souhaite également voir apparaitre un “« Fonds européen pour la compétitivité » afin d’attirer les investissements privés et de compléter un « Pacte pour une industrie propre » visant à stimuler la production durable dans l’ensemble de l’Union”.

Tandis que les États-membres sont invités par les ministres à réduire leurs dépenses, ils sont priés par Von der Leyen de contribuer au budget de l’Union. L’Allemagne a, de son côté, déclaré que le budget ne devrait pas être revu à la hausse mais plutôt réformé. La puissance économique allemande va certainement jouer un rôle dans la balance.


ENVIRONNEMENT

L’ITALIE, LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE, MAUVAIS ÉLÈVES DE L’UE ?

Chaque année depuis 2021 et ce jusqu’en 2030, les États-membres doivent atteindre des objectifs en matière de réduction des gaz à effets de serre, concernant les secteurs du transport, de la “construction, l’agriculture, l’industrie […] et la gestion des déchets, [qui] représentent près de 60 % du total des émissions de l’UE.”. Partie du pack vert européen, la répartition des efforts de régulation contraint les pays européens à réduire de 40% leurs émissions de CO2 d’ici 2030. Cette directive s’adapte au PIB de l’Etat et offre des objectifs tenables même aux plus petits pays.

Le 30 juin 2024, les Vingt-Sept devaient rendre leur plan concernant la réduction de leurs émissions de CO2. Seulement 6 pays ont réussi à tenir cette date limite, la Croatie, la République Tchèque, la Hongrie, le Luxembourg, la Slovénie et l’Espagne. De plus, le rapport publié par Transport & Environment (T&E) annonce que les moins bons élèves sont l’Allemagne et l’Italie, dont le premier devrait manquer de 10% son objectif tandis que le second de 7,7%. Quant à la France, il est prévu selon le rapport qu’elle accomplisse son objectif, avec une très faible marge qui pourrait être affectée notamment par un hiver rude qui augmenterait la consommation énergétique des français.

Pour éviter les sanctions financières de la part de l’UE, les pays qui n’atteignent pas leurs objectifs climatiques se verront sans doute dans l’obligation d’acheter des crédits-carbones à leurs voisins, meilleurs élèves. En effet, sous cette régulation, les pays polluent le moins peuvent vendre des crédits aux autres, exonérant ces derniers de sanctions. Il semblerait que la Pologne et l’Espagne aient beaucoup de clients cette année. Cependant, le rapport alerte sur le nombre de pays n’ayant pas atteint leurs objectifs et surtout sur leur taille : cela pourrait créer une dangereuse pénurie de crédit sur le marché européen.


LES EAUX EUROPÉENNES CHIMIQUEMENT POLLUÉES

Alors que mercredi 17 juillet la maire de Paris, Madame Anne Hidalgo prenait un premier bain dans la Seine, après plus d’un milliard d’euros investis dans la dépollution du fleuve, une ONG rendait publics ses travaux sur la pollution de l’eau en Europe. En effet, depuis mai 2024, Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) alerte sur l’importante présence d’acide trifluoroacétique (TFA), à la fois dans l’eau en bouteille et dans la nature. Les TFAs sont des polluants dits “éternels”, issus des pesticides, “de certains gaz réfrigérants ou de rejets de l’industrie de fabrication des PFAS, largement utilisées, par exemple pour le revêtement anti-adhésif des poêles, des mousses anti-incendie ou des cosmétiques.

À l’heure actuelle en Europe, il n’existe pas de mécanisme de contrôle et de limitation de la présence de ce polluant dans les eaux souterraines notamment. Cependant, la directrice européenne révisée qui devra entrer en vigueur en 2026 prévoit un “paramètre de surveillance des « PFAS dans leur ensemble », qui inclut le TFA”. Cette directive prendra donc effet dans deux ans, alors que les niveaux atteints sont déjà alarmants et doivent impérativement baisser. Certains pays de l’UE ont déjà pris des mesures pour limiter la propagation de ce polluant dans leurs eaux, tels que le Danemark, la Flandre (Belgique), la Suède et l’Allemagne. Ces mesures prises à l’échelle nationale montrent que la réactivité européenne n’a pas été à la hauteur du problème, et rend l’application de ces normes hétérogènes.Les Européens s’intéressent de plus en plus aux questions environnementales. C’est un Eurobaromètre du début du mois de juillet qui confirmait ces inquiétudes européennes. Selon ce dernier, 84% des Européens estiment que la législation européenne est nécessaire pour protéger l’environnement, tandis qu’également 84% des Européens craignent la pollution chimique. Ces craintes doivent faire l’objet de politiques à l’échelle de l’UE, et ne doivent pas attendre 2026 pour être appliquées.


TECHNOLOGIE

NOUVEAU DÉFI DE NOS DÉMOCRATIES : LA DÉSINFORMATION ÉLECTORALE

La désinformation électorale se veut de plus en plus violente et importante depuis les élections américaines de 2016, opposant Hillary Clinton à Donald Trump. 

Après une vague de désinformation et d’attaques cybernétiques et cyber informationnelles à l’encontre de plusieurs pays européens (France, Espagne, Royaume-Uni), l’Union européenne décide d’adopter de nouvelles mesures afin de lutter contre ces risques de désinformation.

Alors que les dirigeants des États membres de l’Union et les institutions européennes craignaient la même intensité de cyber ingérence venant de l’étranger lors des élections européennes de juin dernier, celles-ci n’ont pas subi la même pression que lors des récentes élections nationales européennes : en France et au Royaume-Uni. La France et le Royaume-Uni ont par exemple été confrontés à une désinformation généralisée sur les réseaux sociaux au cours de la période qui a précédé les élections récemment organisées dans les deux pays. Les experts ont observé que la désinformation se veut plus importante et efficace au niveau national qu’européen. Des sujets sont régulièrement la source de désinformation. Il s’agit de sujets clivants qui polarisent la société. L’ingérence étrangère appuie sur cette polarisation pour diviser davantage la société. La gestion de la guerre en Ukraine par les gouvernements, le changement climatique, l’immigration sont des sujets majoritairement visés par les campagnes de désinformation.

De nombreuses sociétés de cyber sécurité dénoncent l’irresponsabilité des réseaux sociaux lors de ces campagnes. En effet, l’ONG Maldita a révélé que les réponses apportées par les différentes plateformes de réseaux sociaux pendant ces élections ont été très inégales. Alors que Facebook et Instagram restent les bons élèves de la classe avec 88% et 70% des publications signalées, Tiktok, Youtube et X (anciennement Twitter sont loin derrière). En effet, les questions telles que la désinformation ciblant les migrants et l’intégrité des élections n’ont reçu qu’une attention minime, YouTube et TikTok n’ayant pas réagi à la désinformation liée aux migrants.

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