Innovation et production 

L’industrie européenne connaît un recul, une dévalorisation qui se manifeste par de nombreux signaux inquiétants : pertes d’emplois, stagnation de l’effort d’innovation, déséquilibres commerciaux (près de 1 200 milliards d’euros de déficit commercial cumulé au détriment de l’Europe dans les échanges de produits manufacturés avec la Chine au cours des dix dernières années), disparition de certaines compétences…

Loin de promouvoir les effets de convergence attendus, la zone euro semble avoir renforcé la polarisation industrielle au sein de l’Europe : l’Allemagne assure désormais le quart de la production industrielle européenne. Mettant en avant leur compétitivité-coût, les pays de l’Est se sont spécialisés dans la sous-traitance. De leur côté, les pays nordiques produisent des biens de haute technologie grâce à leurs efforts de recherche et de développement. À l’exception de l’Italie, les États du Sud, et la France en particulier, sont les perdants de cette nouvelle division européenne de la production.

Face à cette situation et compte tenu de la nouvelle donne industrielle mondiale, l’Europe doit remettre l’innovation industrielle au cœur de la stratégie économique et accélérer les efforts financiers en matière de recherche et de développement. Le  secteur des technologies clés génériques telles que les nanotechnologies, les biotechnologies industrielles, la micro et la nanoélectronique représente un avantage qu’il convient d’exploiter. L’idée d’innovation doit dépasser la vision uniquement technique et technologique pour intégrer les innovations de processus, de gestion, de marketing. Le Conseil européen pourrait ainsi s’emparer du sujet et organiser une discussion stratégique sur les questions industrielles, de compétitivité et de production. De son côté, la Commission européenne pourrait élaborer un document de stratégie industrielle globale pour trois ou cinq ans révisable chaque année et soumis pour approbation au Conseil de l’Union européenne et au Conseil européen.