Par Guillaume Klossa Président fondateur
d’Europanova. Tribune publiée dans Métro, jeudi 11 février 2010.
Le Conseil européen doit prendre des décisions importantes pour assurer l’avenir économique
et social de l’Europe au moment la Grèce et l’Espagne connaissent une crise d’endettement.
C’est aujourd’hui qu’Herman Van Rompuy, le nouveau président du Conseil européen,
animera sa première réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union.
Il voulait conduire à cette occasion une réflexion sur l’avenir économique et social
de l’Europe. L’actualité le sert au delà de tout espoir avec la crise sévère de l’endettement qui sévit en
Grèce et qui menace de se propager à d’autres pays de l’Union. Pour Van Rompuy, c’est le moment de faire ses preuves de patron des chefs d’Etat et de gouvernement.
Premier défi : mettre fin à la spéculation contre l’euro. Van Rompuy doit affirmer la solidarité totale
du Conseil européen en coordination avec la Banque centrale européenne. Cela devrait suffire à court
terme à rassurer les marchés pour peu que la Grèce y mette du sien, ce qui signifie qu’elle accepte de réduire drastiquement son déficit budgétaire et sa dette publique. Mais pour prévenir des crises spéculatives futures, le Conseil devra proposer une solution plus innovante, la création à terme d’un
Fonds monétaire européen qui joue le rôle du FMI pour les pays de la zone euro. Second défi : s’attaquer
aux racines du mal. Le problème de l’Espagne ou de la Grèce est moins le niveau d’endettement élevé
que l’incapacité à rembourser à l’avenir en raison d’un potentiel de croissance durablement affaibli.
Cette faiblesse concerne l’ensemble des Etats membres. C’est le résultat du vieillissement des populations
européennes, d’une concurrence mondiale accrue et d’un euro durablement surévalué. Pour y faire face, il faut mettre en oeuvre une meilleure coordination des politiques économiques des Etats membres,
une véritable stratégie de change mais aussi une stratégie d’investissement à long terme dans les industries et services du futur et dans la formation. Dernier défi : une solidarité budgétaire durable.
L’Europe connaîtra d’autres crises. La France ou l’Italie pourraient à leur tour être menacées. Deux économistes. Sylvain Broyer et Costa Brunner préconisent la mise en place d’un fédéralisme fiscal qui aurait des bénéfices immenses en autorisant une croissance potentielle plus forte et en accélérant la convergence des économies européennes. C’est audacieux, mais voilà le type de débat qui devrait occuper les chefs d’Etat et de gouvernement.
d’Europanova. Tribune publiée dans Métro, jeudi 11 février 2010.
Le Conseil européen doit prendre des décisions importantes pour assurer l’avenir économique
et social de l’Europe au moment la Grèce et l’Espagne connaissent une crise d’endettement.
C’est aujourd’hui qu’Herman Van Rompuy, le nouveau président du Conseil européen,
animera sa première réunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union.
Il voulait conduire à cette occasion une réflexion sur l’avenir économique et social
de l’Europe. L’actualité le sert au delà de tout espoir avec la crise sévère de l’endettement qui sévit en
Grèce et qui menace de se propager à d’autres pays de l’Union. Pour Van Rompuy, c’est le moment de faire ses preuves de patron des chefs d’Etat et de gouvernement.
Premier défi : mettre fin à la spéculation contre l’euro. Van Rompuy doit affirmer la solidarité totale
du Conseil européen en coordination avec la Banque centrale européenne. Cela devrait suffire à court
terme à rassurer les marchés pour peu que la Grèce y mette du sien, ce qui signifie qu’elle accepte de réduire drastiquement son déficit budgétaire et sa dette publique. Mais pour prévenir des crises spéculatives futures, le Conseil devra proposer une solution plus innovante, la création à terme d’un
Fonds monétaire européen qui joue le rôle du FMI pour les pays de la zone euro. Second défi : s’attaquer
aux racines du mal. Le problème de l’Espagne ou de la Grèce est moins le niveau d’endettement élevé
que l’incapacité à rembourser à l’avenir en raison d’un potentiel de croissance durablement affaibli.
Cette faiblesse concerne l’ensemble des Etats membres. C’est le résultat du vieillissement des populations
européennes, d’une concurrence mondiale accrue et d’un euro durablement surévalué. Pour y faire face, il faut mettre en oeuvre une meilleure coordination des politiques économiques des Etats membres,
une véritable stratégie de change mais aussi une stratégie d’investissement à long terme dans les industries et services du futur et dans la formation. Dernier défi : une solidarité budgétaire durable.
L’Europe connaîtra d’autres crises. La France ou l’Italie pourraient à leur tour être menacées. Deux économistes. Sylvain Broyer et Costa Brunner préconisent la mise en place d’un fédéralisme fiscal qui aurait des bénéfices immenses en autorisant une croissance potentielle plus forte et en accélérant la convergence des économies européennes. C’est audacieux, mais voilà le type de débat qui devrait occuper les chefs d’Etat et de gouvernement.

sur Février 19, 2010, 9:53 pm
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